Publier en accès ouvert

Qu'est-ce que le libre accès ?

Le mouvement du libre accès à la production scientifique est apparu dans les communautés de chercheurs dès les années 1990. Il s’est depuis considérablement développé face aux mutations rencontrées par l'édition scientifique : internationalisation et concentration du secteur, hausse fulgurante du coût des abonnements, restructuration de l’offre sous forme de bouquets de revues.

Alors que ce modèle économique met en péril l’accès à la production scientifique jusque dans les établissements de recherche, le mouvement du libre accès a pour objectif de garantir la diffusion la plus rapide et la plus large possible des connaissances. Il repose sur le principe d’un accès libre, immédiat, pérenne et ouvert à tous à l’information scientifique et technique.

Le libre accès vise à garantir la visibilité et la diffusion des résultats scientifiques dans les sphères de la recherche et de l'innovation, partout dans le monde.

Le mouvement en faveur du libre accès s'inscrit dans un contexte international, marqué par l’initiative de Budapest (2002) et la déclaration de Berlin (2003). Suite à ces deux déclarations, plusieurs États et institutions de recherche se sont engagés en faveur du libre accès par le biais de lois, d’obligations ou d’incitations visant à rendre librement accessible leur production scientifique.

A l'échelle de l'Europe, la Commission Européenne a lancé en 2014 le programme européen de financement de la recherche et l’innovation Horizon 2020. Afin de favoriser l’impact des résultats de la recherche scientifique sur l'innovation et le développement économique européen, les publications revues par les pairs issues du programme doivent obligatoirement être déposées en libre accès, et le dépôt d’autres types de productions scientifiques, notamment données de la recherche, est encouragé.

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Les deux voies du libre accès

La « voie verte » ou auto-archivage : l’article publié ou le manuscrit final (postprint) est déposé par son auteur dans une archive ouverte.

  • Le dépôt peut se faire avant, pendant ou après la publication de l’article.
  • Les réservoirs d’archives ouvertes gèrent généralement des « périodes d’embargo » : l’article n’est accessible en texte intégral qu’une fois passée la période de cession exclusive des droits de diffusion électronique stipulée dans le contrat.

La « voie dorée » : l’article est publié dans une revue en libre-accès.

  • Ce type de revue présente les caractéristiques du modèle éditorial classique : validation par les pairs, évaluation des publications dans des bases bibliométriques.
  • La très grande majorité des revues en libre-accès permettent aux auteurs de publier gratuitement : la voie dorée est donc très loin de se réduire aux revues en libre accès avec frais de publication. Certaines fonctionnent néanmoins sur le modèle de l’auteur-payeur, par opposition au modèle traditionnel du lecteur-payeur : lorsqu’un article est accepté, l’auteur ou son institution doit s’acquitter de frais de publication, les APC (Article Processing Charges).

Comment trouver une revue en libre-accès ? Le Directory of Open Access Journals (DOAJ) en répertorie plus de 10600.

 

Attention ! Certaines revues qui se revendiquent du libre accès reposent en fait sur des modèles très coûteux ou bien éloignés des principes de la libre diffusion de la science. Le modèle auteur payeur, minoritaire dans la voie dorée, survivra-t-il aux trois types de dérives qu’il rencontre ?

  • Les dérives tarifaires pratiquées par certains éditeurs qui, outre financer la publication, cherchent surtout à faire du profit et imposent aux auteurs le paiement d'APC très élevés.
  • Les revues hybrides sont des revues accessibles uniquement sur abonnement, mais dans lesquelles un auteur peut faire le choix de publier ses travaux en libre-accès, moyennant le paiement d’APC souvent élevés. Son institution de rattachement paie donc deux fois : les APC et l’abonnement à la revue.
  • Les revues prédatrices sollicitent souvent les auteurs par e-mail, les invitant à soumettre des articles, qui sont systématiquement acceptés moyennant le paiement d’APC. Les "comités éditoriaux" de ces revues sont généralement composés de membres fictifs ou bien de chercheurs inscrits sans leur consentement. Pour vérifier le degré de crédibilité d'une revue, vous pouvez utiliser ces deux outils :

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Comment déposer une publication dans un réservoir ?

En avez-vous le droit ?

  • Vérifiez que le document n’est pas confidentiel (dépôt de brevet en cours ou envisagé) et que vous avez l’accord de vos co-auteurs et autres contributeurs.
  •  Si votre document n’a pas été confié à un éditeur ou à un diffuseur, vous êtes libre de le déposer. En cas de publication ultérieure, l’éditeur devra être informé du dépôt.
  • Si votre document a été confié à un éditeur ou à un diffuseur :
    → Si vous n’avez pas signé de contrat de cession de droits, vous êtes libre de le déposer après la première publication.
    → Si le contrat conclu n’a pas prévu la cession exclusive des droits pour tous supports ou pour les supports électroniques, vous êtes libre de le déposer.
    → Si le contrat a prévu la possibilité de diffuser le document en accès ouvert après un certain délai, vous êtes libre de le déposer passé le délai.
    → Si le contrat a prévu la cession de vos droits à titre exclusif pour tout support, ou pour le seul support électronique, pour la durée de la protection légale, contactez votre éditeur pour signer un addendum avec une clause de libre-accès au contrat, en vous appuyant sur sa politique actuelle en matière de libre accès. Vous pouvez vous aider des exemples d’avenants mis en ligne par le consortium Couperin.

Avant de publier dans une revue, renseignez-vous sur sa politique en matière de libre accès ! Les sites SHERPA/RoMEO  et Héloïse recensent les politiques des éditeurs en la matière.

Trouver un réservoir de publication en Open Acess

OpenDOAR est un répertoire d’entrepôts d’archives ouvertes, qui permet une recherche par discipline, par zone géographique ou par type de document.

HAL est une archive ouverte pluridisciplinaire dédiée à la diffusion d’articles scientifiques niveau recherche, publiés ou non, et de thèses, émanant des établissements d'enseignement supérieur et de recherche français et étrangers. Voir comment déposer un article dans HAL.

arXiv.org est une archive ouverte de prépublications électroniques (e-prints) en sciences exactes : physique, mathématiques et informatique.

PubMed Central (PMC) est une archive ouverte d'articles scientifiques en génie biomédical et sciences de la vie.

Episciences.org est une plateforme d’examen par les pairs (peer-reviewing) qui vise à permettre l’émergence d’ « épi-revues », c’est-à-dire de revues électroniques en libre accès alimentées par des articles déposés dans des archives ouvertes telles qu’HAL et arXiv et non publiés par ailleurs.

 

Peuvent aussi être déposés en archives ouvertes des données de la recherche, des livres ou de chapitres d’ouvrages, de la littérature grise, des actes de colloques ou encore des posters.
Il existe pour cela des réservoirs spécifiques :

TEL (thèses en ligne) est un serveur d’auto-archivage des thèses de doctorat et HDR.

Sciencesconf.org est une plateforme web ouverte aux organisateurs de colloques, workshops ou réunions scientifiques.

MédiHAL est une archive ouverte d’images scientifiques et de documents iconographiques de science.

Re3data est un répertoire d’entrepôts de dépôt de données de la recherche.

Zenodo est un entrepôt qui permet de partager publications, vidéos, posters, présentations et surtout données de la recherche. Créé dans le cadre d'un projet européen, il est financé par la Commission européenne et maintenu par le CERN.

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L'accès ouvert à Paris-Sud : enquête

Quelles sont vos pratiques et vos attentes en matière de recherche documentaire, de publication et de diffusion scientifique (publications et données), notamment en lien avec le mouvement du libre accès à l’information scientifique et technique ?
Dans le cadre du projet de l’Université Paris-Sud de se doter d’un Réservoir des productions de la recherche à des fins d’archivage systématique, de diffusion et de valorisation, une enquête a été menée du 13 février au 7 avril 2015.